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Vlog & création

Filmer en Log : faut-il vraiment s’y mettre ?

4 min de lectureL'équipe Fox Rider
Un étalonneur assis devant trois écrans de montage : à gauche les courbes et le vectorscope, au centre les roues de couleur et l’image d’un concert, la main posée sur un panneau d’étalonnage.

Le conseil revient dans tous les commentaires : « filme en Log, tu verras la différence ». Puis on essaie, on ouvre les rushes, et on tombe sur une image grise, délavée, sans contraste, qui ressemble à une erreur. Ce n’est pas une erreur — c’est exactement ce que le Log est censé produire. Reste à savoir si vous avez besoin de cette matière-là, ou si elle va juste vous coûter deux heures de montage supplémentaires par vidéo.

Ce que le Log fait, et ce qu’il ne fait pas

Un profil Log enregistre l’image avec une courbe de transfert aplatie. Au lieu d’appliquer tout de suite du contraste et de la saturation, la caméra conserve le maximum d’information dans les hautes et les basses lumières, et vous laisse décider plus tard. C’est un report de décision, pas un gain de qualité magique.

Ce que le Log vous apporte réellement : de la marge. Une fenêtre surexposée qu’on peut rattraper, une ombre qu’on peut ouvrir sans qu’elle devienne verte, une correspondance plus facile entre deux plans tournés à dix minutes d’intervalle sous une lumière qui a tourné. Ce qu’il ne vous apporte pas : de la netteté, de la stabilité, un meilleur cadrage, ni un sujet intéressant. Un plan raté en Log reste un plan raté.

Caméra GoPro HERO12 Black vue de trois quarts, écran arrière allumé et façade bleutée

Le prix réel : une étape de montage en plus

Une image Log n’est pas regardable en l’état. Il faut lui appliquer une correspondance de couleur — une LUT — puis ajuster. Concrètement, cela veut dire : importer, poser la LUT sur chaque plan, corriger l’exposition plan par plan, vérifier que les teintes de peau tiennent la route. Sur une vidéo de dix minutes montée à partir de quarante plans, comptez une vraie session de travail en plus, sur un logiciel qui gère l’étalonnage.

Il y a aussi un coût au tournage. En Log, l’histogramme ne ressemble plus à ce que vous avez l’habitude de lire, et il faut exposer avec méthode plutôt qu’à l’œil. Beaucoup de créateurs abandonnent à ce stade, non par paresse, mais parce que le rapport entre l’effort et le résultat visible sur un écran de téléphone ne leur convient pas.

Écran de logiciel de montage vidéo en gros plan : timeline, pistes colorées et repères de temps

Trois questions pour trancher

  • Est-ce que vous étalonnez déjà ? Si vos vidéos sortent du dérushage sans jamais passer par un correcteur de couleur, le Log ne servira à rien : vous ajouterez une contrainte sans exploiter le bénéfice.
  • Est-ce que vous tournez en lumière difficile ? Contre-jour, intérieur avec fenêtre, coucher de soleil, neige : c’est là que la latitude supplémentaire se voit. En lumière douce et régulière, l’écart devient marginal.
  • Est-ce que votre livrable le justifie ? Un format vertical de trente secondes, très compressé à la diffusion, ne récompensera pas le travail. Un film de voyage de huit minutes, oui.

Si vous répondez non aux trois, laissez le Log de côté sans culpabiliser : un profil standard bien exposé bat un Log mal étalonné dans neuf cas sur dix.

GoPro HERO12 Black vue de face et de dos : objectif bombé d’un côté, écran tactile de l’autre

Essayer le Log pour le prix d’une location

La bonne façon de trancher, c’est d’essayer sur un vrai projet plutôt que de lire des avis. Et il se trouve que l’essai le moins coûteux se fait sur une caméra d’action. La fiche technique officielle de la GoPro HERO 12 Black mentionne l’encodage GP-Log avec LUT ainsi que l’enregistrement 10 bits en 4K et au-dessus. Vous disposez donc de la chaîne complète — profil aplati, LUT fournie, fichier assez riche pour supporter la retouche — sur un appareil qui tient dans une poche.

Le protocole tient en une journée : tournez la même scène deux fois, une fois en profil standard, une fois en GP-Log, dans une situation de lumière tendue. Montez les deux versions. Si le passage par la LUT vous a plu et que le résultat vous semble meilleur, vous savez que la démarche vous convient. Si vous avez trouvé le temps long, vous venez d’économiser l’achat d’un boîtier.

Le jour où vous passerez à l’hybride

Les profils Log des grands boîtiers sont la référence, et c’est vers eux qu’on migre quand le besoin devient réel. Le Sony A7 V, annoncé au tarif de 2 898 dollars pour le boîtier nu, donne une idée du niveau atteint : capteur de 33 mégapixels partiellement empilé annoncé jusqu’à 16 diaphragmes de dynamique, enregistrement 4K 60p en 10 bits sur toute la largeur du capteur, 4K 120p en recadrage Super 35, profils S-Log3 et S-Cinetone. Disons-le franchement : ce boîtier ne figure pas à notre catalogue, nous ne le louons pas.

C’est un très bel outil. C’est aussi un investissement qui ne se justifie qu’après avoir vérifié, sur des projets réels, que l’étalonnage vous plaît. Faire ce test avec une caméra louée pendant un week-end coûte le prix d’un dîner ; le faire en achetant un boîtier coûte beaucoup plus cher, et se revend mal.

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