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Événementiel

Une inauguration, des portes ouvertes

5 min de lectureL'équipe Fox Rider
Deux femmes coupent une guirlande de branchages lors d’une inauguration en plein air

Une inauguration ou une journée portes ouvertes n’a rien d’un mariage ni d’un séminaire. C’est un format court, souvent trois heures, dans un lieu qui se remplit d’un coup puis se vide aussi vite. Il n’y a pas de conducteur détaillé, pas de scène, et rarement quelqu’un qui vous dise où vous mettre. En revanche il y a une contrainte que les deux autres formats n’ont pas : une bonne partie de ce qu’il faut filmer doit être filmée avant que quiconque arrive.

Trente secondes qui ne se répètent pas

Sept personnes alignées coupent un ruban rouge devant un mur clair

La coupure du ruban dure moins d’une minute, elle est entourée de vingt personnes qui prennent la même photo au téléphone, et personne ne la refera pour vous. Trois choses la sauvent : être en place cinq minutes avant, savoir de quel côté les ciseaux vont partir, et avoir accepté qu’on verra des téléphones dans le cadre. Vouloir un plan propre sans téléphone, c’est vouloir un plan qui n’existe pas.

Le flux décide de tout le reste

Arche gonflable et tapis rayé à l’entrée d’une journée portes ouvertes

Un lieu ouvert au public ne se remplit pas régulièrement. Il y a une vague à l’ouverture, un creux, puis une seconde vague au milieu, et tout le monde s’en va d’un coup à la fin. Les images d’affluence se prennent pendant les vagues, celles de détail pendant le creux — et il faut avoir décidé lesquelles on veut avant, parce que le creux ne dure pas.

Ce rythme a une conséquence directe sur le montage : un film d’inauguration montre presque toujours un lieu plus plein qu’il ne l’a été en moyenne, simplement parce qu’on a filmé aux pics. Ce n’est pas malhonnête, c’est ce que tout le monde fait — il faut juste le savoir quand on regarde le résultat et qu’on se demande pourquoi on ne se souvient pas d’une telle foule.

Une inauguration et des portes ouvertes se ressemblent, mais pas sur ce point. L’inauguration a un centre — le ruban, les discours, les quelques personnes qu’on est venu voir. Les portes ouvertes n’en ont pas : il ne s’y passe rien de particulier, sinon que des gens circulent et regardent. Filmer la seconde comme la première donne un film où l’on attend un événement qui n’arrive jamais.

Le lieu avant le public

Violoniste seul sur scène face à une salle de fauteuils rouges vides

C’est la particularité de ce format : le lieu qu’on inaugure est, presque toujours, le vrai sujet du film. Or on ne le verra plus une fois qu’il y aura deux cents personnes dedans. Les plans du bâtiment neuf, de l’atelier rangé, de la salle prête et vide se tournent donc en amont — une demi-heure suffit, mais elle ne se rattrape pas.

C’est aussi le seul moment où l’on peut faire une prise avec quelqu’un : le dirigeant devant sa machine neuve, l’artisan dans son atelier, l’équipe alignée. Une fois le public entré, ces plans-là deviennent impossibles à obtenir sans immobiliser des gens qui ont autre chose à faire.

Dehors, la lumière ne se règle pas

Opérateur en extérieur tenant une caméra équipée d’un micro et d’un panneau LED

Beaucoup d’inaugurations se passent dehors, en début d’après-midi, c’est-à-dire au pire moment de la journée : soleil haut, ombres dures sous les yeux, contrastes que le capteur ne tient pas. On ne change pas l’heure, mais on choisit l’orientation : placer le groupe de façon à avoir le soleil de côté plutôt que dans le dos ou dans l’axe change complètement le résultat, et c’est une phrase à dire à l’organisateur avant qu’il aligne tout le monde.

Le vent, lui, ne se négocie pas du tout : il attaque le son avant l’image. Une bonnette sur le micro coûte trois secondes à poser et sauve tous les discours d’extérieur. Un plan aérien est souvent demandé pour ce genre d’événement : sa faisabilité se vérifie lieu par lieu, avant d’être promise à qui que ce soit.

Trois heures, cinq séquences

Découpée à l’avance, une matinée d’inauguration se range en cinq blocs très inégaux. Les écrire noir sur blanc évite le défaut le plus courant du format : passer les trois quarts du temps sur la partie officielle, qui dure un quart d’heure, et repartir sans une image des visiteurs.

SéquenceDurée typiqueCe qu’on y prend
Avant l’ouvertureUne demi-heureLe lieu vide, les détails, une prise avec les hôtes
Le ruban et les discoursUn quart d’heureUn cadre qui ne bouge pas, et le son
La première vagueTrois quarts d’heureL’affluence, les visages, les mains
Le creuxUne demi-heureLes démonstrations, les échanges, les plans qui manquent
La finUn quart d’heureLe lieu qui se vide, et ce qui reste dessus

Ce que je demande à l’organisateur

  • L’heure exacte du ruban, et le nom de ceux qui le couperont.
  • Une demi-heure d’accès au lieu avant l’ouverture, pour filmer les espaces vides.
  • Ce qui est nouveau et qu’il faut absolument montrer : une machine, une salle, une enseigne.
  • Qui parle, et si les discours sont sonorisés ou lancés à la voix.

Ces quatre lignes tiennent dans un message, et elles décident de presque tout le tournage. Le reste — le nombre d’objectifs, la durée du film, les photos — se règle après, une fois qu’on sait ce qui va se passer. Le guide du matériel pour un événement couvre l’équipement si vous filmez vous-même, et les rendez-vous lyonnais donnent de quoi s’entraîner sur des formats voisins.

Si vous ouvrez un local, un atelier ou une boutique et que vous voulez en garder autre chose que des photos de téléphone, décrivez la date et le déroulé dans le formulaire de prestation. Et pour le lieu lui-même, filmé au calme un autre jour, une demi-journée suffit souvent.

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