Drones
Quel drone louer selon ce que vous filmez

Deux DJI Mini au catalogue, à une génération d’écart. Ils se pilotent de la même façon et tiennent tous les deux dans un sac à dos. Le choix se joue ailleurs : sur le poids déclaré, sur la lumière que vous aurez, et sur le vent qu’il fera.
La question des 250 g, d’abord
C’est la première chose qu’on nous demande, et c’est la bonne question. Les deux appareils sont déclarés dans la même classe européenne. Pour le Mini 5 Pro, la fiche est brève : C0 (modèle MT5MFND). Pour le Mini 4 Pro, elle demande une lecture attentive : C0 (modèle MT4MFVD, MTOM 249 g) — une variante C1 MT4MFVDB à 342 g existe ; la batterie Intelligent Flight Battery Plus fait passer l’appareil au-dessus de 249 g.
Sur la balance, le Mini 4 Pro annonce < 249 g (avec batterie, hélices et carte microSD), et le Mini 5 Pro 249,9 g ± 4 g (masse maximale déclarée, batterie standard). Retenez surtout ce que dit la fiche du Mini 4 Pro : c’est la batterie qui fait basculer l’appareil au-dessus du seuil, pas le modèle. Volez avec la batterie standard et vous restez dans la configuration déclarée.
La classe inscrite sur l’appareil ne dit pas tout : ce que vous avez le droit de faire dépend aussi du lieu, de la hauteur et de ce que vous survolez. Notre annexe drone récapitule ce qui s’applique — et cette vérification se fait avant de réserver, jamais sur place.

Filmer en montagne : le vent et l’altitude
C’est là que les deux appareils cessent d’être interchangeables.
- Résistance au vent — 10,7 m/s pour le Mini 4 Pro, 12 m/s pour le Mini 5 Pro
- Vitesse maximale — 16 m/s, soit 57,6 km/h (mode Sport) contre 18 m/s, soit 64,8 km/h (mode Sport)
- Altitude maximale de vol — 4 000 m au-dessus du niveau de la mer contre 6 000 m au-dessus du niveau de la mer
Sur un col alpin, la dernière ligne n’a rien de théorique : c’est elle qui dit jusqu’où l’appareil reste dans son domaine de vol. Les deux premières décident, elles, de la stabilité de vos plans un jour de mistral — un drone qui lutte contre le vent produit une image qui tremble avant de produire une alerte.

Filmer quand la lumière tombe
Le capteur est la vraie rupture de génération. Mini 4 Pro : CMOS 1/1,3 pouce — 48 Mpx, f/1.7. Mini 5 Pro : CMOS 1 pouce — 50 Mpx, f/1.8. L’ouverture est presque la même ; c’est la surface du capteur qui change, et elle se voit au crépuscule, en sous-bois, sous un ciel couvert.
Voler à cette heure-là pose un second problème : voir les obstacles. Les deux détectent dans toutes les directions, mais le Mini 5 Pro ajoute un LiDAR que le Mini 4 Pro n’a pas. Ce qu’en dit sa fiche : Frontal — portée de mesure 0,5 à 25 m de nuit (réflectivité supérieure à 10 %), champ 60° × 60°. Si votre plan commence à l’heure dorée et finit dans le noir, c’est un argument sérieux.
Filmer vertical, filmer au ralenti, filmer longtemps
Les deux prennent le format vertical sans recadrage. Mini 4 Pro : Native, sans recadrage. Mini 5 Pro : Native, par rotation de la nacelle, sans recadrage — sa nacelle est la seule des deux dont la fiche déclare une rotation (Stabilisation mécanique 3 axes — rotation de 225°, inclinaison contrôlable de −90° à +55°), là où celle du Mini 4 Pro n’indique qu’une inclinaison (Stabilisation mécanique 3 axes — inclinaison contrôlable de −90° à +60°). Pour les ralentis : 4K à 100 ips / Full HD à 200 ips d’un côté, 4K à 120 ips / Full HD à 240 ips de l’autre.
Côté durée, l’écart est mince : 34 min (batterie Intelligent Flight standard) contre 36 min (batterie Intelligent Flight standard). Ce qui change davantage, c’est la mémoire embarquée. Mini 4 Pro : 2 Go internes + carte microSD (cartes recommandées par DJI jusqu’à 512 Go). Mini 5 Pro : 42 Go internes + carte microSD (cartes recommandées par DJI jusqu’à 1 To). De quoi sauver une sortie le jour où la carte reste sur la table.
Une ligne va à contre-courant du reste, autant le dire : c’est le Mini 4 Pro qui écrit au débit le plus élevé, 150 Mb/s contre 130 Mb/s.
En résumé, selon ce que vous filmez
- Vacances, littoral, plans larges en plein jour : le Mini 4 Pro suffit, et de loin.
- Montagne, vent, altitude : le Mini 5 Pro, qui garde de la marge là où l’autre arrive en limite.
- Heure dorée, crépuscule, sous-bois : le Mini 5 Pro, pour le capteur et pour le LiDAR.
- Vidéo verticale pour les réseaux : les deux, sans recadrage.
- Sortie improvisée : le Mini 5 Pro, dont la mémoire interne rattrape une carte oubliée.
Le face-à-face complet, caractéristique par caractéristique, est dans notre comparatif DJI Mini 4 Pro ou Mini 5 Pro : lequel louer ?. Les fiches et les disponibilités : Mini 4 Pro et Mini 5 Pro.
Un mot de méthode, valable pour les deux : repérez le lieu de décollage avant le jour du tournage. Un drone loué trois jours ne rattrape pas une zone où l’on ne peut pas voler.