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Retrait à Lyon sur rendez-vous

DJ & sono

DVS : mixer du numérique sur du vinyle

4 min de lectureL'équipe Fox Rider
Un DJ en chemise à carreaux joue sur deux platines dont les plateaux portent des vinyles de contrôle bleus, de part et d’autre d’une table de mixage marquée Serato.
Photo : Daniel Larsen — Wikimedia Commons — CC BY-SA 2.0

Vous aimez le geste : la main qui freine le plateau, le disque qu’on recale, le poids du bras. Mais vous n’avez pas trois cents disques, et les morceaux que la salle réclame n’existent souvent qu’en fichier. Le DVS, pour digital vinyl system, existe précisément pour cette situation. Il ne s’agit pas d’un gadget de contournement : c’est la façon dont une bonne partie des DJ de club jouent depuis vingt ans.

À savoir avant de vous projeter : le matériel DJ ne s’expédie pas. Il se retire et se rend en main propre à Lyon 3 (2 Impasse du Lutin, 69003 Lyon), sur rendez-vous. La franchise de 200 € se règle sur place à la remise et vous est rendue au retour.

Le principe : un disque qui ne contient pas de musique

Sur la platine, vous posez un vinyle de contrôle. Il ne porte aucune musique : il porte un signal, un code, que le logiciel lit en permanence. De ce signal, le programme déduit trois informations — le sens de rotation, la vitesse, et la position exacte de la pointe sur le disque. Il applique ensuite ces trois données au fichier chargé dans la platine virtuelle.

Le résultat est bluffant de naturel : vous freinez le plateau, le morceau ralentit ; vous reculez le disque, le morceau recule ; vous soulevez le bras et le reposez au tiers du disque, le morceau saute au tiers. Chez Serato, ces disques et CD s’appellent des supports de contrôle NoiseMap.

Les quatre pièces à réunir

Un montage DVS n’est jamais qu’une platine plus un logiciel. Il en faut quatre, et l’oubli de l’une d’elles suffit à ce que rien ne fonctionne.

  • Des platines à entraînement direct, avec assez de couple pour que le disque reprenne sa vitesse instantanément.
  • Des vinyles de contrôle, un par platine, au format du logiciel choisi.
  • Une interface ou une table certifiée DVS par l’éditeur du logiciel. C’est la pièce qu’on oublie, et c’est elle qui décide de tout : un montage DVS ne se fait pas avec n’importe quelle table de mixage.
  • Une licence logicielle. Chez Serato, le DVS fait partie de la Serato DJ Suite, proposée par abonnement à 14,99 $ par mois ou en achat définitif à 499 $. Du côté d’AlphaTheta, plusieurs tables servent de clé matérielle et débloquent le logiciel : le DJM-S7, par exemple, donne accès gratuitement à Serato DJ Pro.

Paire de platines à entraînement direct noires, plateau, bras en S et curseur de tempo

Les platines : la SL-1210 MK2 reste la référence

Le DVS est exigeant avec le plateau. Chaque hésitation de vitesse devient une hésitation dans le morceau, chaque flottement au démarrage s’entend. C’est pour ça que la Technics SL-1210 MK2 traverse les décennies : entraînement direct piloté au quartz, moteur à courant continu sans balais, couple de démarrage de 1,5 kg·cm, et un plateau moulé de 33,2 cm pour 2 kg qui atteint les 33 tours et un tiers en 0,7 seconde depuis l’arrêt.

Ajoutez un pleurage et scintillement mesuré à 0,025 % WRMS et un curseur de tempo de plus ou moins 8 %, et vous avez un plateau qui ne trahit jamais le code gravé sur le disque de contrôle. Ses 12,5 kg y sont pour beaucoup : la masse absorbe les vibrations de la piste et évite les sauts de pointe.

Les raccourcis modernes, et ce qu’ils coûtent

Deux machines récentes proposent de supprimer le maillon fragile du montage, à savoir la cellule et le bras.

La Pioneer DJ PLX-CRSS12 est la première platine à assurer à la fois la lecture d’un vrai disque et le contrôle DVS sans bras de lecture. Son système MAGVEL CLAMP maintient le disque et transmet directement le mouvement au fichier ; une molette permet même d’ajuster la sensation de poids du disque. Elle est compatible Serato DJ Pro et rekordbox, et ajoute quatre pads assignables en MIDI, un afficheur OLED et une prise USB.

La Rane Twelve MKII pousse la logique plus loin : un plateau motorisé de douze pouces, mais aucune cellule ni bras du tout. C’est un contrôleur MIDI qui imite le vinyle, prévu pour piloter Serato DJ, Traktor ou Virtual DJ. Vous posez un disque en guise de surface, et c’est la rotation qui commande le logiciel. Plus de pointe à remplacer, plus de saut lorsque quelqu’un bouscule la table.

Ces deux machines résolvent un vrai problème. Elles coûtent aussi nettement plus cher qu’une paire de platines classiques, et elles ne sont utiles que si vous jouez déjà en DVS régulièrement.

Ce que nous louons, et ce que vous devez apporter

Disons les choses simplement. Ni la PLX-CRSS12, ni la Rane Twelve MKII, ni les interfaces DVS ne figurent à notre catalogue. Ce que vous pouvez louer chez nous, c’est la brique la plus lourde et la plus chère à posséder : les Technics SL-1210 MK2, celles-là mêmes sur lesquelles ce montage a été inventé.

Vous apportez donc : vos vinyles de contrôle, votre interface ou votre table certifiée DVS, votre ordinateur et votre licence. Et si vous voulez d’abord vérifier que le DVS est fait pour vous avant d’investir dans une licence à trois chiffres, une bonne façon de commencer est de louer une paire de platines et le Pioneer XDJ-RX3 : vous mixez vos vinyles sur les entrées phono, vos fichiers sur une clé USB, et vous saurez très vite lequel des deux gestes vous manque vraiment.

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