Événementiel
Lumière de scène : pourquoi l’image clignote

Vous rentrez d’un concert, d’un gala, d’une soirée. À l’œil, la lumière était superbe. Sur la vidéo, une bande sombre descend l’image en boucle, ou la luminosité pulse comme un néon fatigué. Ce n’est ni un défaut de votre caméra ni une erreur de réglage évidente : c’est la rencontre de deux horloges qui ne tournent pas à la même vitesse.
Ce que la caméra voit et que l’œil ne voit pas
Presque aucun éclairage de spectacle ne brille en continu. En France, le courant alterne cinquante fois par seconde, et une source alimentée directement par le secteur pulse donc cent fois par seconde. Les projecteurs LED, eux, ne se gradent pas en baissant la tension : ils s’allument et s’éteignent très vite, et c’est la proportion d’allumé qui donne l’intensité. Un projecteur à trente pour cent est en réalité éteint les deux tiers du temps.
L’œil ne le voit pas : il fait la moyenne. Le capteur, lui, échantillonne. Il ouvre pendant une fraction de seconde, referme, recommence — et selon l’endroit où l’ouverture tombe dans le cycle de la lampe, il attrape plus ou moins de lumière. D’une image à l’autre, l’exposition change. C’est le papillotement.

Deux défauts, deux causes
On confond souvent le papillotement et les bandes. Ce sont deux choses distinctes, et elles ne se corrigent pas de la même façon. Le papillotement touche toute l’image en même temps : elle s’éclaircit et s’assombrit. Les bandes, elles, viennent de la manière dont la plupart des capteurs lisent l’image — ligne par ligne, du haut vers le bas, sur quelques millisecondes. Si la lampe s’éteint pendant cette lecture, les lignes lues à ce moment-là sont plus sombres que les autres.
| Ce que vous voyez | Ce qui le provoque | Par où commencer |
|---|---|---|
| Toute l’image pulse | La vitesse d’obturation ne tombe pas juste dans le cycle de la lampe | Verrouiller l’obturation sur 1/50 ou 1/100 de seconde |
| Des bandes défilent de haut en bas | Le projecteur clignote plus vite que le secteur — gradation électronique | Demander le mode « sans scintillement » du projecteur, sinon ajuster finement l’obturation |
| Un écran de fond ondule | La dalle LED se rafraîchit à sa propre fréquence | Changer de cadence d’images, ou cadrer l’écran de biais |
Le réglage qui règle le plus de cas

Le réflexe de base tient en une phrase : en Europe, on verrouille la vitesse d’obturation sur 1/50 ou 1/100 de seconde, et on ne la laisse jamais en automatique. En mode automatique, la caméra corrige l’exposition en changeant l’obturation, donc elle change en permanence son rapport au cycle des lampes — et fabrique elle-même le papillotement qu’on cherche à éviter.
Cela règle tout ce qui est alimenté par le secteur. Cela ne règle pas les projecteurs à gradation électronique rapide, qui clignotent à leur propre rythme, sans rapport avec le réseau. Pour ceux-là, le seul vrai correctif est du côté du projecteur : la plupart des modèles récents ont un mode « sans scintillement » qui monte cette fréquence assez haut pour que le capteur ne la voie plus. C’est une case à cocher dans le menu du projecteur, pas dans celui de la caméra.
La couleur, l’autre piège

Une fois le clignotement réglé, il reste la couleur, et c’est souvent elle qui abîme le plus les images de soirée. Un projecteur LED rouge n’émet pas du blanc teinté de rouge : il n’émet à peu près que du rouge. Le capteur reçoit alors presque tout son signal sur un seul canal, qui sature avant les autres — un visage éclairé plein rouge devient une tache uniforme, sans nez ni yeux, et aucun logiciel de montage ne récupérera ce qui n’a pas été enregistré.
Deux gestes suffisent. Exposer pour le canal qui sature, pas pour la moyenne : concrètement, sous-exposer un peu dès que le rouge domine. Et figer la balance des blancs sur une valeur choisie, parce qu’en automatique elle court après une lumière qui change de couleur toutes les quatre secondes, et le plan devient une bouillie tiède. Filmer en Log aide sur les écarts de luminosité, mais ne récupère pas un canal saturé.
Ce qui se règle avec le régisseur, pas avec la caméra

La personne qui tient le pupitre peut faire en trente secondes ce que la caméra ne fera jamais. Trois demandes tiennent en une phrase chacune, et elles ne coûtent rien à un régisseur à qui on les pose avant la balance, plutôt qu’au milieu du premier morceau.
- Monter la fréquence des projecteurs sur leur mode sans scintillement, s’ils l’ont.
- Garder un peu de blanc dans le plan large : une couleur pure sur toute la salle ne laisse plus rien à exposer.
- Prévenir avant les changements brutaux — noir complet, stroboscope — pour qu’on ne coupe pas au mauvais moment.
Le stroboscope, justement, ne se rattrape pas. Aucun réglage ne rend propre une image prise sous un stroboscope : la lumière n’existe qu’un instant, on ne peut que choisir de filmer autre chose pendant ce temps-là. Autant le savoir avant, ce qui suppose de connaître le déroulé — c’est le même sujet que filmer un concert ou un festival, vu par le petit bout de la lumière.
Quand la lumière est déjà posée et qu’il faut faire avec
Sur beaucoup de soirées, personne ne tient de pupitre : la lumière tourne toute seule sur un programme, et il n’y a personne à qui demander quoi que ce soit. Dans ce cas, la marge se prend au cadrage. Filmer un peu plus large qu’on ne voudrait laisse de la place au montage pour couper une prise gâchée par une bande. Et garder une source de lumière stable — une lampe de salle, une bougie, une guirlande — dans un coin du champ donne au montage un point de comparaison qui ne bouge pas.
Si vous préférez confier la soirée plutôt que d’arbitrer tout cela en direct, décrivez le lieu et le type d’éclairage dans le formulaire de prestation : savoir qu’il y aura des projecteurs mobiles et un écran de fond change les réglages avant même d’arriver.
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