Prestations
Préparer un logement avant une captation immersive

Une captation immersive est impitoyable : tout est dans le champ, tout le temps. Il n’y a pas de hors-champ où poser le sac, la poubelle ou le carton de déménagement — la caméra voit derrière elle aussi bien que devant. Autant dire que la moitié du résultat se joue avant que j’arrive, et que cette moitié-là ne m’appartient pas. Ce qui suit est ce que je demande, dans l’ordre où ça se fait.
Désencombrer, c’est enlever, pas ranger

Ranger déplace les objets ; enlever les fait disparaître. Une visite immersive rend le premier geste inutile, parce qu’une pile bien alignée reste une pile. Ce qui sort de la pièce sort du logement, ou part dans une pièce qu’on ne captera pas — un garage, une cave, le coffre d’une voiture. La règle que je donne tient en une phrase : sur chaque plan horizontal, gardez au plus trois objets.
- Tout ce qui porte un nom : courrier, ordonnances, photos de famille, bulletins scolaires, badges d’entreprise.
- Les produits d’hygiène, les serviettes usagées, la litière, la gamelle, le panier du chien.
- Les fils : chargeurs, multiprises, câbles qui traversent une pièce. Un fil est ce qu’on remarque en premier dans une image trop propre.
- Les meubles en trop. Une pièce respire mieux avec un fauteuil de moins, et la 360 exagère l’encombrement plus qu’elle n’exagère l’espace.
Allumer tout, ouvrir tout
Toutes les lampes allumées, y compris en plein jour, et les volets ouverts en grand : c’est la seule façon d’éviter des angles noirs dans une prise qui embrasse la pièce entière. Les rideaux se tirent complètement d’un côté, pas à moitié. Les portes intérieures s’ouvrent, celles des placards se ferment. Et si une ampoule est grillée, elle se remplace avant, pas après — une lampe éteinte au milieu d’une visite se remarque à chaque station.
Un détail que personne n’anticipe : les lampes de la maison ne donnent pas la même couleur que le jour qui entre par la fenêtre. Dans une même prise, on se retrouve avec une moitié de pièce jaune et une moitié bleue, et aucun réglage ne rattrape les deux à la fois. Ce n’est pas grave si les lampes sont récentes et toutes de la même famille ; ça le devient quand une pièce mélange une ampoule très chaude, un plafonnier blanc et un tube de cuisine. Si vous devez remplacer une ampoule avant ma venue, prenez la même que les autres, pas la moins chère du rayon.
Les miroirs : la seule chose que je ne peux pas contourner

Dans une prise à 360 degrés, l’opérateur est effacé — le pied disparaît sous l’image, et une perche fine se retire proprement. Mais un miroir, lui, me rend. Une salle de bain entièrement carrelée de glaces, une armoire à portes réfléchissantes, une baie sombre le soir : il n’y a pas de position où je ne sois pas quelque part. On fait alors l’une de trois choses — je me place derrière le battant d’une porte, on ferme l’armoire, ou j’assume d’apparaître en petit dans un coin. Prévoyez-le : c’est une question à régler dès l’arrivée.
La cuisine et la salle de bain se voient de très près

Ce sont les deux pièces où le visiteur zoome, parce que ce sont les deux qu’il ne veut pas refaire. Plans de travail vides, éviers secs, aucun torchon accroché, aucune éponge, aucun produit sur le rebord. La poubelle sort de la pièce, l’égouttoir aussi. Le carrelage se voit à trente centimètres dans une visite immersive : un joint noirci qu’on ne remarque plus depuis six mois redevient visible d’un coup.
Le dehors compte autant, et il s’oublie systématiquement. Un balcon sert de réserve toute l’année : vélo, séchoir, sacs de terreau, chaises empilées. Une terrasse mérite son mobilier sorti et essuyé, un jardin une tonte de la veille. La cave et le garage, eux, ne se rangent pas — on décide simplement de les capter ou pas, et les deux réponses sont défendables tant qu’elles sont assumées. Une visite qui saute le garage d’une maison, en revanche, laisse toujours penser qu’il y avait quelque chose à cacher.
Les personnes, les animaux, et la porte fermée

Personne ne reste dans la pièce pendant la prise, vous compris : à 360 degrés, il n’y a pas de coin où attendre. On travaille pièce par pièce, et la précédente se referme derrière nous. Les animaux vont dans une pièce déjà captée ou sortent avec quelqu’un — un chat qui traverse un panorama pendant l’assemblage laisse une trace floue qu’on ne rattrape pas. Et si quelqu’un habite encore le logement, il faut que ce soit clair pour tout le monde : ce qui est visible sera publié, et une chambre d’adolescent se ferme si son occupant le demande.
La demi-heure qui précède mon arrivée est la plus rentable de toute l’opération. Un dernier tour du logement, une pièce après l’autre, en se demandant à chaque porte : qu’est-ce que je ne voudrais pas voir en ligne demain ? Ce qui répond à cette question sort, et le reste est prêt. Cette demi-heure-là ne se rattrape ni au montage ni plus tard : un objet oublié ne s’efface pas proprement d’une image à 360 degrés, et un deuxième passage veut dire une deuxième intervention.
Si vous faites la captation vous-même, la perche invisible est le premier réflexe à prendre, et filmer en basse lumière explique pourquoi j’insiste autant sur les lampes. Le mode d’emploi pratique tient dans louer une caméra 360 à Lyon. Sinon, décrivez le logement, le nombre de pièces et qui l’occupe encore dans une demande de prestation immobilière : je vous renvoie la liste de préparation adaptée à votre bien avant de venir.
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