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Retrait à Lyon sur rendez-vous

DJ & sono

Régler sa platine : contrepoids et antiskating

5 min de lectureL'équipe Fox Rider
Bras en S d’une platine Technics vu de dessus : porte-cellule à l’avant, contrepoids et molette d’antiskating à l’arrière
Photo : BMRRWikimedia CommonsCC BY-SA 4.0

Le diamant saute dès que la piste se remplit, ou dès que vous posez la main sur le disque pour caler le morceau suivant. Neuf fois sur dix, la platine n’y est pour rien : c’est le bras qui n’est pas réglé. Trois manipulations suffisent, et elles tiennent en cinq minutes montre en main.

À savoir avant de vous projeter : le matériel DJ ne s’expédie pas. Il se retire et se rend en main propre à Lyon 3 (2 Impasse du Lutin, 69003 Lyon), sur rendez-vous. La franchise de 200 € se règle sur place à la remise et vous est rendue au retour.

Ce guide s’adresse d’abord à ceux qui hésitent à louer du vinyle par peur de tout dérégler. Rassurez-vous : aucun de ces réglages n’est destructif, tous sont réversibles, et vous saurez remettre la platine exactement dans l’état où vous l’avez reçue.

Pourquoi un diamant sort du sillon

Un diamant reste dans la gravure parce qu’une force verticale l’y maintient. Trop légère, il déraille à la moindre vibration ou au moindre à-coup du plateau. Trop lourde, il ne bouge plus mais use prématurément le vinyle et la pointe. Cette force s’appelle la force d’appui, elle se règle avec le contrepoids situé à l’arrière du bras, et elle se compte en grammes.

Une seconde force, horizontale celle-là, tire le bras vers le centre du disque pendant la lecture. L’antiskating sert à la compenser. C’est précisément sur ce réglage que les usages salon et les usages DJ divergent complètement, et c’est là que beaucoup de débutants se trompent en recopiant un tutoriel écrit pour de l’écoute hi-fi.

Deux platines vinyles noires vues de trois quarts, bras en S équipé de son contrepoids

Étape 1 : équilibrer le bras à zéro

Cette étape est la seule qui compte vraiment. Tant qu’elle n’est pas faite, la graduation du contrepoids ne veut rien dire. Ortofon la décrit sans ambiguïté :

  • Retirez le protège-pointe en plastique de la cellule.
  • Mettez l’antiskating sur 0 et libérez le bras de son repose-bras.
  • Tournez le contrepoids jusqu’à ce que la cellule flotte juste au-dessus du plateau : elle ne doit ni toucher le disque, ni pointer vers le haut.
  • Dès que ce point d’équilibre est atteint, reposez le bras sur son support et verrouillez-le.
  • Faites tourner la bague graduée seule, sans entraîner le contrepoids, pour amener le 0 en face du repère.

À partir de cet instant, le bras est étalonné : ce que la bague affiche correspond réellement à ce que le diamant appuie.

Étape 2 : afficher la bonne force d’appui

Tournez maintenant l’ensemble — bague et contrepoids solidaires — jusqu’à la valeur voulue. Cette valeur est donnée par le fabricant de la cellule, jamais par la platine. Sur les Concorde MKII d’Ortofon, les plus courantes en location, elle se lit ainsi :

CelluleForce d’appui recommandée
Concorde MKII MIX3 g
Concorde MKII DJ4 g
Concorde MKII CLUB3 g
Concorde MKII SCRATCH4 g

Ce sont des consignes, pas des minimums à dépasser pour être tranquille. Appuyer plus fort que prévu ne rattrape jamais un bras mal équilibré : cela use le disque et la pointe, et cela ne corrige rien. À l’inverse, descendre sous la valeur annoncée pour « ménager les vinyles » est la meilleure façon de faire sauter le diamant au premier passage de basse.

Étape 3 : l’antiskating, à zéro

C’est le réglage qui surprend systématiquement. Pour un usage DJ, Ortofon recommande de placer l’antiskating sur 0, précisément parce qu’on fait tourner le disque en arrière pour caler. Sur 0, le diamant suit correctement le sillon quel que soit le sens de rotation du plateau, ce qui n’est pas le cas si une force le tire en permanence vers l’extérieur.

Certains DJ préfèrent régler l’antiskating à la moitié de la valeur de force d’appui. Le fabricant présente cela comme une préférence personnelle, pas comme une règle. Si vous débutez, restez sur 0 : c’est le réglage qui pardonne le plus quand on cale à la main.

Le contrepoids auxiliaire, la panne invisible des Technics

Vous avez tout fait dans l’ordre et vous n’arrivez toujours pas à monter à 4 g ? Regardez le contrepoids. Sur les Technics SL-1200 et SL-1210, il embarque un petit poids auxiliaire cylindrique. Ortofon est formel : tant qu’il est en place, une Concorde plafonne à 2 g. Une fois retiré, la même cellule atteint environ 4,75 g.

Autrement dit, une cellule qui réclame 4 g est mécaniquement impossible à régler correctement si ce poids n’a pas été enlevé. Rangez-le soigneusement : il devra être remonté au retour du matériel. C’est une pièce minuscule, et elle se perd très bien dans une salle de fête.

Vérifier son réglage avant l’arrivée des invités

Posez un disque, montez le volume à un niveau réaliste, et faites l’essai qui compte : marchez d’un pas ferme à côté de la table, puis posez la main sur le vinyle comme pour caler. Si le diamant tient, le réglage est bon. S’il saute uniquement quand on marche, ce n’est plus le bras qu’il faut reprendre mais le support : une table qui vibre ou un caisson de basse posé contre le même meuble suffisent à tout gâcher.

Nos platines Technics SL-1210 MK2 partent réglées et cellule contrôlée, mais un transport suffit à décaler un contrepoids : refaites toujours ces trois étapes une fois installé sur place. Pour référence, la SL-1200MK7 annonce une plage de force d’appui de 0,2 à 4 g et une hauteur de bras réglable de 0 à 6 mm — un ordre de grandeur utile si vous découvrez le vinyle.

Dernier rappel utile le soir même : une platine sort un signal de niveau phono, pas un niveau ligne. Elle doit arriver dans une entrée PHONO, comme les deux qu’offre la console Pioneer DJ XDJ-RX3. Branchée ailleurs, elle donnera un son faible et sans basses, et vous chercherez le problème du côté du bras alors qu’il est dans le câble.

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