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Prestations

L’accès au lieu : ce qui bloque un tournage le jour J

5 min de lectureL'équipe Fox Rider
Façade d’un immeuble lyonnais aux tons ocre et rouge, ses étages de fenêtres et sa cage d’escalier centrale

Sur une journée de tournage qui se passe mal, la caméra n’est presque jamais en cause. Ce qui coûte l’heure perdue, c’est une porte. Un code qu’on ne m’a pas donné, un gardien parti déjeuner, un ascenseur trop étroit pour un trépied. Rien de tout cela ne se voit sur une carte, rien ne se rattrape au montage, et tout se règle en cinq minutes la veille.

Les cinq portes qui se referment

  • Le code d’entrée. Celui du portail, celui du hall, et parfois un troisième pour le local par lequel passe le matériel. Les trois se donnent la veille, pas devant la porte.
  • La personne qui ouvre. Un nom, un numéro de portable, et une deuxième personne si la première ne répond pas. Un gardien n’est pas joignable un samedi comme un mardi.
  • Le badge nominatif. Beaucoup d’immeubles de bureaux délivrent un badge au nom d’une personne annoncée à l’accueil. Si mon nom n’a pas été annoncé, je reste à l’accueil.
  • L’horaire d’ouverture réelle. Une salle disponible de 18 h à minuit n’est pas accessible à 17 h pour installer. La fenêtre d’installation se négocie, elle ne se suppose pas.
  • L’autorisation des parties communes. Le hall, la cage d’escalier, la cour, le toit-terrasse : ils appartiennent à la copropriété, pas à l’occupant du logement.

Platine d’interphone en inox, deux boutons d’appel ronds et leurs porte-étiquettes

L’interphone est le meilleur test, et il ne coûte rien. Si la plaque ne porte pas le nom que vous m’avez donné, personne ne répondra. Le cas est plus fréquent qu’on ne croit : locataire récent, nom de société différent de l’enseigne, plaque encore au nom du propriétaire précédent. Dites-moi le nom qui est écrit sur la platine, pas celui qui devrait y être.

L’escalier, l’ascenseur et le nombre de voyages

Une prestation légère, c’est deux sacs et un trépied. Une prestation complète, c’est trois sacs, un trépied, un pied d’éclairage et une valise. Dans une cabine d’ascenseur ancienne, le trépied entre debout et rien d’autre ne rentre avec lui : ce sont trois voyages, pas un. Sans ascenseur, comptez le double, et comptez-le dans les deux sens — le rangement se fait aussi par l’escalier.

Escaliers métalliques extérieurs d’un bâtiment, vus en contre-plongée sur fond de ciel bleu

L’escalier de service, quand il existe, est presque toujours le bon choix : plus large, moins fréquenté, et personne ne se retrouve coincé derrière un pied d’éclairage. Dans une copropriété habitée, ce détail compte autant que le confort : une cage d’escalier encombrée un samedi matin, c’est un voisin mécontent, et un voisin mécontent finit par appeler quelqu’un.

Se garer, décharger, repartir

Entrée d’un parking souterrain éclairé au jaune, avec sa barrière levante en position basse

Un parking souterrain se ferme par une barrière et par une hauteur. Beaucoup de rampes sont limitées à 1,90 m : un utilitaire n’y descend pas, et le matériel finit par traverser deux cents mètres de trottoir. Ce n’est pas grave, mais ça change l’heure d’arrivée, et ça change ce qu’on emporte. Certaines rues de centre-ville sont par ailleurs fermées à la circulation à certaines heures ; ça se vérifie pour l’adresse exacte, jamais en général.

Les six lignes qui font gagner une heure

  • L’adresse exacte et l’étage, y compris le bâtiment et l’escalier quand il y en a plusieurs.
  • Le code, ou le nom exactement tel qu’il est écrit sur la platine d’interphone.
  • Qui ouvre, son portable, et un second nom si cette personne ne répond pas.
  • Où décharger, et où stationner ensuite — ce sont rarement le même endroit.
  • L’heure à laquelle la porte est réellement ouverte, distincte de l’heure du rendez-vous.
  • Ce qu’il faut annoncer à l’avance : l’accueil, le gardien, le syndic, le voisin du dessous.

Matériel photo et vidéo disposé à plat sur un fond sombre : sacs, objectifs, trépied et cartes mémoire

Ces six lignes tiennent dans un message. Elles ne remplacent pas le brief du tournage — ce que vous voulez montrer, à qui, et sous quelle forme — mais elles décident de l’heure à laquelle il commence. Si vous préparez du matériel de votre côté, la checklist du locataire pose les mêmes questions dans l’autre sens, et le guide du matériel d’évènement rappelle ce qui doit arriver sur place avant les invités.

Le cas particulier des lieux qu’on partage

Une salle louée à l’heure, un espace de travail partagé, une salle de réunion réservée par un logiciel : ces lieux-là ont une particularité, le créneau précédent déborde toujours. Personne n’est de mauvaise foi, mais un atelier qui finit à 14 h se vide à 14 h 15, et l’installation commence donc à 14 h 20. Sur une prestation d’une heure, ce quart d’heure représente un quart du tournage.

La parade est simple et ne coûte rien : réserver le créneau qui précède, ou décaler l’heure annoncée de vingt minutes. Dites-moi qui occupe la salle avant nous et je vous dirai laquelle des deux choisir. Sur un lieu qu’on n’occupe pas seul, la question n’est pas de savoir quand on entre, mais quand le précédent sort.

Quand ça bloque quand même

On ne force jamais une porte, au sens propre comme au figuré. Ce qu’on fait, c’est inverser l’ordre : les extérieurs se tournent pendant qu’on attend, les plans de détail aussi, et la lumière du début de journée n’est pas perdue pour tout le monde. Si rien ne se débloque au bout d’une heure, on fait le point ensemble plutôt que d’expédier en trente minutes ce qui en demandait cent vingt.

Le reste se prépare par écrit. Décrivez le lieu tel qu’il est, pas tel qu’il devrait être : c’est dans la demande de prestation que ces six lignes trouvent leur place, et je reviens vers vous avec les questions qui manquent. Pour tout ce qui touche au matériel que vous préparez de votre côté, la checklist du locataire et le guide du matériel d’évènement prennent le relais ; et si la question est simplement de savoir où récupérer le matériel, livraison ou retrait à Lyon y répond.

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